Chaque année en juillet, le baseball s’accorde une pause dans la course au titre. Le « Classique de mi-saison », surnom donné par les fans au Match des étoiles de la MLB, oppose les meilleurs joueurs de la Ligue américaine à ceux de la Ligue nationale – la plupart étant élus par les fans – et, pour une fois, personne ne se soucie des équipes repêchées.
L’événement a débuté presque par hasard. Le Comiskey Park de Chicago a accueilli la première édition le 6 juillet 1933, dans le cadre de l’Exposition universelle « Century of Progress », comme une attraction éphémère. Babe Ruth a frappé un coup de circuit ce jour-là, le public était en liesse, et la ligue a perpétué la tradition chaque été.
Ce qui rend ce logo intéressant, c’est son fonctionnement : une ville différente accueille le match presque chaque été, ce qui explique la rotation des logos. Il doit évoquer la Ligue majeure de baseball, l’équipe organisatrice et la ville elle-même : une silhouette urbaine, un monument, une blague locale… le tout condensé dans une petite œuvre d’art qui disparaît dès la fin du match.
Signification et histoire
Pendant ses deux premières décennies, le Match des étoiles n’avait pratiquement pas de logo : seulement celui imprimé sur le programme. Personne ne cherchait à créer une marque. Le match était suffisamment récent pour ne pas en avoir besoin, et les systèmes d’identité visuelle pour les événements sportifs ponctuels étaient encore rares.
Tout a changé en 1952, lorsque Philadelphie et la MLB ont créé un logo représentant la Liberty Bell et l’ont réutilisé : programme, insigne de presse, publicités, le tout de manière cohérente. Ce n’était pas une révolution créative, mais c’était la première fois que l’on prenait la peine de donner à l’événement une véritable identité visuelle, réutilisable, au lieu d’une nouvelle illustration pour chaque utilisation.
Dès lors, presque toutes les villes hôtes ont commencé à commander leur propre logo. La situation a connu quelques années de confusion : entre la fin des années 1950 et le début des années 1960, la MLB organisait deux matchs des étoiles la plupart des saisons, ce qui a conduit à la coexistence de deux logos complètement différents certaines années.
Par la suite, les logos ont évolué de la même manière que le design américain. Simples et monochromes dans les années 1950 et 1960, ils s’inspiraient principalement des mascottes, des croquis de stades ou du monument le plus emblématique d’une ville.
Les années 1970 et 1980 ont marqué un tournant : thèmes du bicentenaire, lettrage bilingue pour Montréal, une pomme pour New York sans explication. Puis, à partir du milieu des années 1990, la MLB a cessé de considérer le logo comme un simple souvenir pour en faire une véritable marque. Les logos se sont enrichis de couleurs, de dégradés, de typographies complexes et d’une gamme complète de produits dérivés : casquettes, maillots, pins et, plus tard, bannières spécialement conçues pour la signalétique des stades et les réseaux sociaux.
Les années 2000 et 2010 ont accentué cette tendance. Les villes hôtes ont commencé à privilégier les couleurs de leur propre équipe plutôt que le rouge, blanc et bleu par défaut de la MLB, et la typographie personnalisée est devenue la norme plutôt qu’une nouveauté : des caractères empruntés aux panneaux d’affichage des stades, aux drapeaux des villes ou à la signalétique du stade.
Le sponsoring s’est également intégré à l’identité visuelle. Le logo de Mastercard figure en bas de presque tous les badges du Match des étoiles depuis le milieu des années 2010, parfaitement intégré à la composition et non ajouté comme un élément secondaire. Malgré toutes ces évolutions, deux éléments sont restés constants : un clin d’œil à la ville hôte et la présence d’une étoile – le symbole le plus ancien du baseball pour désigner l’élite.
Qu’est-ce que le Match des étoiles de la MLB ?
Un événement estival, pas une compétition pour le titre. Une fois par an, les meilleurs joueurs de la Ligue américaine et de la Ligue nationale — la plupart choisis par les fans, certains sélectionnés par les joueurs et les managers — partagent une même équipe et un même stade pour un match d’exhibition unique. Ce match a lieu presque chaque année en juillet depuis 1933, organisé presque systématiquement par une franchise différente de la MLB, et le seul enjeu est la suprématie entre les deux ligues.
1952 (Philadelphie)
Une cloche de la Liberté d’un bordeaux profond ornée de dorures, surmontée de l’inscription « Phillies ». Comparée aux mascottes des trente dernières années, elle paraît bien fade. Pourtant, la MLB et les Phillies ont réutilisé ce même design pour le programme, l’épinglette de presse et les publicités du club – une première véritable tentative de cohérence visuelle pour l’événement, au lieu d’un nouveau dessin à chaque utilisation.
1953 (Cincinnati)
Un batteur caricatural, figé en plein swing, coiffé d’une casquette rouge et vêtu d’un uniforme noir, trône au centre d’un losange rouge encadré de bleu marine – la même caricature à grosse tête que l’on retrouve sur presque toutes les mascottes de cette décennie. Mignon, un peu grossier selon les critères actuels, et typique de son époque.
1954 (Cleveland)
Ce logo est plus chargé que ceux des deux années précédentes : une tête de mascotte caricaturale en rouge et blanc, entourée de petites étoiles, sur fond jaune moutarde. C’est l’un des premiers exemples d’un club hôte intégrant directement la mascotte de son équipe à l’identité visuelle de l’événement, au lieu de les dissocier. Le résultat paraît plus chargé, presque brouillon, comparé à la simplicité du logo de Philadelphie.
1955 (Milwaukee)
Un net recul par rapport à l’année précédente. Une seule teinte or-beige recouvre l’ensemble du logo : un simple dessin au trait des tribunes du stade, cerclé d’une fine bordure d’étoiles. Pas de caricature, pas de couleurs criardes, rien de superflu. Plus proche d’une esquisse architecturale que d’un logo sportif, et probablement le plus sobre de toute la décennie.
1956 (Washington)
L’inscription « Mémorial Clark Griffith », en hommage au propriétaire historique des Senators, constitue l’élément central de cet écusson : une tête caricaturale flanquée de chauves-souris croisées, le tout inscrit dans un cercle doré. La police de caractères, droite et formelle, est à empattements, soigneusement arquée sur le pourtour. L’écusson évoque moins une plaque commémorative qu’un écusson sportif.
1957 (Saint-Louis)
Un cardinal illustré, perché sur une chauve-souris, or et rouge sur fond crème, surmontant un blason en forme de bouclier, porte à lui seul l’ensemble du motif. Le reste est minimaliste : ni monument, ni stade, ni encadrement élaboré. L’oiseau est la seule figure marquante.
1958 (Baltimore)
L’écusson entier a la forme d’une balle de baseball, avec un motif de couture incurvé sur le pourtour. Un oriole est perché sur des chauves-souris croisées, en orange et noir, près du sommet. Rares sont les années où l’on a pris la peine de concevoir le logo à partir de l’équipement du match – une petite trouvaille visuelle ingénieuse, restée en grande partie sans suite.
1959 (Los Angeles)
Deux matchs ont eu lieu en 1959, et Los Angeles a hérité du logo le plus original : un sombrero à larges bords bleu marine, orné d’un ruban crème. Un choix sans subtilité – un clin d’œil assez direct au mélange culturel de la Californie du Sud – mais qui le distingue précisément par son originalité.
1959 (Pittsburgh)
Le deuxième match de cet été-là s’est déroulé ici, et le logo arborait les couleurs noir et or des Pirates : un visage de pirate illustré, avec cache-œil et bandana, le tout dans un cadre circulaire. Comparés à la version de Los Angeles du début de l’année, les deux logos offrent un contraste saisissant – preuve que, même au cours d’une même saison, les villes hôtes pouvaient opter pour des identités visuelles radicalement différentes.
1960 (New York)
L’année 1960 fut également divisée en deux matchs, et l’édition du Yankee Stadium se distinguait nettement des précédentes : un simple contour d’étoile doré, rien d’autre, aucune illustration, aucune autre couleur. Pratiquement un contour, rien de plus — sans doute l’écusson le plus minimaliste jamais créé jusqu’alors.
1960 (Kansas City)
L’écusson correspondant de la même année adoptait un style radicalement différent. Un losange rouge encadre l’éléphant doré, mascotte des Athletics, en plein élan, batte levée, entièrement illustré, jusqu’à son uniforme miniature. Couleurs vives et personnalité affirmée, à mille lieues de l’approche minimaliste de New York cet été-là.
1961 (Boston)
Deux bannières de rubans rouges se croisent en forme de X, entourées de petites étoiles bleues. La composition, d’une certaine liberté – rien de parfaitement aligné, rien de trop formel – lui confère un charme artisanal, contrastant avec les écussons plus rigides des années précédentes.
1961 (San Francisco)
L’écusson correspondant de cette même année racontait une petite plaisanterie : une étoile dorée perchée sur une brouette illustrée, clin d’œil au fait que Candlestick Park était encore en chantier lorsque la ville a été choisie pour accueillir l’événement. Entièrement monochrome or, son traitement est étonnamment sobre pour un concept aussi ludique.
1962 (Washington)
Le dôme du Capitole, orné d’une étoile bleue dans un cercle doré, symbolisait la troisième fois que la ville accueillait l’événement. Inutile de faire plus élaboré : le dôme suffisait amplement à l’identifier, comme lors des précédentes éditions.
1963 (Cleveland)
La caricature de la mascotte fait son retour, encadrée cette fois par un cercle rouge et blanc plus serré que dans la version de 1954. La composition, plus affirmée et moins encombrée, semble avoir tiré les leçons de la première tentative, près de dix ans auparavant.
1964 (New York)
Le Shea Stadium, tout juste construit, est représenté par un dessin au trait bleu sur un écusson. Le message est clair : il s’agit d’un logo qui invite à découvrir le nouveau stade, sans aucune subtilité.
1965 (Minnesota)
L’écusson a la forme de l’État lui-même, avec deux joueurs de baseball caricaturaux — les célèbres « Minnie et Paul » des Twins — se serrant la main par-dessus la frontière. Les couleurs dominantes sont le bleu marine, le rouge et le blanc. Contrairement à la plupart des écussons environnants, celui-ci raconte une petite histoire au lieu de se contenter d’afficher un symbole, ce qui en fait l’un des plus mémorables de cette période de la décennie.
1966 (Saint-Louis)
L’arche Gateway, représentée en rouge au-dessus des tribunes du stade, repose sur un écusson. L’association de l’arche et du stade est devenue une sorte de raccourci visuel que la ville allait réutiliser à maintes reprises au cours des décennies suivantes — c’est ici que cette habitude a véritablement commencé.
1967 (Anaheim)
Des ailes d’ange dessinées et un dessin au trait du stade partagent le même écusson circulaire doré, ce qui donne une composition plus chargée que la plupart des écussons voisins. Il reste néanmoins suffisamment lisible au premier coup d’œil, même avec deux idées visuelles distinctes se disputant le même espace restreint.
1968 (Houston)
Une illustration au trait de l’Astrodome, véritable prouesse futuriste pour la majeure partie du pays à l’époque, se détache sur un fond or beige, ornée d’une unique étoile. Compte tenu de la réputation du bâtiment, considéré comme la huitième merveille du monde, la ville ne pouvait guère choisir de sujet plus évident.
1969 (Washington)
Le quatrième tour d’organisation coïncidait avec le centenaire de la ligue, et l’écusson mettait l’accent sur l’événement plutôt que sur la ville hôte : un ovale doré représentant le RFK Stadium, avec le texte commémoratif occupant autant d’espace que le nom de l’événement. C’est l’un des rares écussons de toute cette histoire construit autour d’un jalon de la ligue plutôt que d’un élément spécifique à la ville hôte.
1970 (Cincinnati)
La mascotte moustachue fait son retour, cette fois-ci saisie en plein mouvement sur un écusson en forme de bouclier rouge, or et noir. La pose est dynamique, un net progrès par rapport aux écussons statiques qui ont dominé la majeure partie de la décennie.
1971 (Detroit)
Un écusson sobre : un cercle bleu marine centré sur un drapeau américain illustré, sans aucun autre élément. Pas de mascotte, pas de monument, pas d’illustration autre que le drapeau lui-même — une ambiance nettement plus discrète que les écussons précédents et suivants.
1972 (Atlanta)
Ce logo mise davantage sur un slogan que sur un symbole : un fanion en forme de losange, rouge, blanc et bleu, entoure un emblème central stylisé. Cette approche, centrée sur un slogan, était inhabituelle pour l’époque ; la plupart des logos précédents privilégiaient l’image au texte.
1973 (Kansas City)
Le tout nouveau stade des Royals et ses fontaines sont représentés sur un fond circulaire bleu marine, servant également de publicité pour le stade lui-même. À l’instar du Shea Stadium près de dix ans auparavant, ce logo met davantage l’accent sur la nouvelle construction que sur l’équipe ou la ligue en particulier.
1974 (Pittsburgh)
La mascotte pirate moustachue est de retour, cette fois-ci dans un cercle jaune doré, pour le deuxième match à domicile du club. Un style caricatural et sans subtilité, fidèle à la plupart des choix graphiques précédents du club.
1975 (Milwaukee)
Deux insignes circulaires se superposent ici – l’un doré, l’autre bleu – avec la silhouette d’un batteur en plein élan et des étoiles éparpillées entre eux. La superposition des formes confère à cette image une complexité visuelle supérieure à la plupart des autres images de la séquence, malgré une faible variation de couleurs.
1976 (Philadelphie)
Pour le bicentenaire des États-Unis, la Liberty Bell est revenue pour une seconde édition, ses couleurs beige et bordeaux étant presque une copie conforme de l’originale de 1952. Personne d’autre dans toute cette histoire n’a délibérément copié sa propre œuvre précédente ; tous les autres hôtes de la Liberty Bell ont dû repartir de zéro.
1977 (New York)
Personne n’aurait pu prédire ça : une pomme rouge vif, symbole du surnom de la ville, « Big Apple », sans la moindre explication. Ni stade, ni mascotte, ni monument emblématique – et pourtant, ça fonctionne, peut-être parce que le concept est si précis qu’il se passe de tout ça.
1978 (San Diego)
Un badge jaune doré représentant un « padre » illustré – robe, sombrero, batte à la main – debout à côté d’une étoile. Un jeu de mots littéral sur le nom de l’équipe, mais dessiné avec suffisamment de personnalité pour ne pas paraître bâclé.
1979 (Seattle)
Pour le 50e anniversaire de l’événement, le design était l’un des plus épurés de la série jusqu’alors : une étoile bleue à cinq branches unie, sans aucun élément superflu. Un design affirmé et parfaitement adapté à un anniversaire important.
1980 (Los Angeles)
Un raccourci inédit : encadrer le logo des Dodgers d’une bordure rouge pointillée au lieu de commander un nouveau visuel. C’est l’un des premiers écussons de toute l’histoire à s’appuyer presque entièrement sur l’identité préexistante d’une équipe, plutôt que de créer quelque chose de nouveau de toutes pièces.
1981 (Cleveland)
Ici, tout est épuré : des chiffres gras à côté d’une étoile à cinq branches, sans aucune illustration. Austère et contrasté, plus proche d’une affiche que d’un blason, il marque une rupture nette avec l’approche très axée sur la mascotte utilisée par le club lors de ses précédentes apparitions.
1982 (Montréal)
Celui-ci se distingue de tous les autres par une raison bien précise : un texte bilingue, français et anglais côte à côte dans un cercle rouge, blanc et bleu. C’est le seul de toute cette série conçu pour s’adresser à deux langues simultanément, un reflet direct de la ville hôte.
1983 (Chicago)
Double célébration : le 50e anniversaire du Match des étoiles est marqué par un retour sur le site du tout premier match, en 1933. Une couronne de laurier orne le cercle doré, le texte commémoratif primant sur toute représentation visuelle de la ville. Ici, l’accent est mis sur l’histoire de l’événement, et non sur celle de Chicago.
1984 (San Francisco)
Pour la deuxième fois que le club accueille la rencontre, la silhouette de la ville est illustrée sur une bannière en ruban or et beige. Sobre et lisible, le logo met clairement en valeur la ville plutôt que de proposer une création visuellement audacieuse.
1985 (Minnesota)
Le deuxième écusson se contente d’une étoile bleue et rouge épurée, sans aucun autre élément décoratif. Après le charme narratif du logo de 1965 représentant une poignée de main en forme d’État, celui-ci fait figure de pause bienvenue.
1986 (Houston)
Pour la deuxième apparition du club, une bannière en ruban bleu traverse un cadre circulaire doré. Sobre et représentatif de l’époque, il ne se distingue cependant pas particulièrement des autres écussons.
1987 (Oakland)
L’identité visuelle verte et or des Athletics est ici pleinement respectée, avec des fanions et des éléphants entrecroisés dans un écusson circulaire. Les couleurs du club priment sur tout monument de la ville : l’un des logos les plus axés sur l’équipe de toute la décennie.
1988 (Cincinnati)
Pour la deuxième participation du club, la silhouette de la ville et le pont sur la rivière sont illustrés en rouge et blanc sur un logo circulaire. Une jolie petite carte postale urbaine, assez proche de ce que Milwaukee avait fait plus de trente ans auparavant avec l’illustration de ses tribunes.
1989 (Anaheim)
La simplicité est de retour pour le deuxième logo du club : un losange doré décliné en seulement deux tons, sans aucune illustration complexe. Après une série de logos de plus en plus détaillés au milieu des années 80, il rappelle que les logos plus sobres n’ont jamais complètement disparu.
1990 (Chicago)
Des anneaux rouges, blancs et bleus rayonnent autour du logo « C » classique des Cubs. Un des exemples les plus clairs de l’histoire d’un club hôte qui se contente de fournir son logo principal et de laisser l’identité visuelle de l’événement se construire autour, plutôt que l’inverse.
1991 (Toronto)
L’emblème des Blue Jays arbore fièrement leurs couleurs officielles : turquoise et rouge, associées à une feuille d’érable sur un fanion. C’est également la première fois dans l’histoire de l’événement que le match se déroule hors des États-Unis, un détail que le design souligne sans subtilité.
1992 (San Diego)
Le logo des Padres, bleu et orange, est inscrit sur un losange. Les couleurs de l’équipe contribuent largement à l’identité visuelle, sans illustration particulière. À l’instar de Toronto l’année précédente, le logo du club imprègne l’ensemble du design.
1993 (Baltimore)
Un losange vert foncé aux couleurs des Orioles, un petit oriole dessiné au centre et du noir et orange pour compléter le reste. Un design compact et fédérateur, dans la même veine que celui d’Oakland quelques années auparavant.
1994 (Pittsburgh)
Pour la troisième participation du club, la silhouette de la ville et d’un pont est illustrée en orange et rouge sur un losange. Il s’agit du troisième logo de Pittsburgh sur le thème d’un pont – une source d’inspiration récurrente pour la ville lors de ses rencontres.
1995 (Texas)
Une étoile gris argenté aux couleurs des Rangers fait son apparition, offrant une palette de couleurs nettement plus froide et industrielle que la plupart des logos plus chauds et lumineux qui l’entourent. Elle se distingue surtout par sa simplicité : pas d’illustration, pas de monument, juste l’étoile.
1996 (Philadelphie)
La Liberty Bell revient pour la troisième et dernière fois, retrouvant la palette beige et bordeaux familière des deux versions précédentes. Avec trois apparitions du même motif sur une période de 44 ans, la cloche est sans conteste l’image la plus récurrente de ce logo.
1997 (Cleveland)
Un fanion bleu marine orné de trois étoiles en haut marque la quatrième et, comme on le sait maintenant, dernière apparition du club dans cette série. Sobre et efficace, il clôt cette période sans fanfare.
1998 (Colorado)
Ce premier écusson fut le premier de l’histoire à pleinement exploiter l’identité montagneuse et violette des Rocheuses, illustrant les montagnes Rocheuses par une petite étoile dorée placée à leur sommet. Ce modèle particulier – montagnes et violet – réapparaîtra plus de vingt ans plus tard, lorsque la ville accueillera à nouveau l’événement.
1999 (Boston)
L’écusson représente un diamant vert entouré d’un ruban rouge tourbillonnant, un clin d’œil assez clair au Green Monster de Fenway Park et à sa bordure rouge. C’est l’un des écussons les plus spécifiques et les plus littéraux de toute la série.
2000 (Atlanta)
L’écusson du millénaire arborait une étoile dorée à cinq branches, traversée d’une traînée rouge évoquant une comète, le tout formant une silhouette suggérant la vitesse. La plupart des écussons alentour étaient statiques ; celui-ci était l’un des rares à donner une impression de mouvement, un choix judicieux pour un design destiné à marquer le passage au nouveau siècle plutôt qu’un simple été.
2001 (Seattle)
Le second écusson se distinguait par un ovale vert en forme de spirale, orné d’une étoile blanche en son centre. Comparé aux blasons et boucliers qui avaient dominé les années 80 et le début des années 90, la différence était flagrante : plus léger, moins héraldique, il reflétait davantage les tendances graphiques de l’époque.
2002 (Milwaukee)
Le second écusson prenait la forme d’un globe bleu et d’une spirale, rappelant les coutures d’un gant. Il est plus doux et plus arrondi que presque tous les emblèmes précédents de cette série, avec un ton plus convivial que les logos aux angles vifs qui caractérisaient généralement la décennie précédente.
2003 (Chicago)
Cette fois, ce sont les White Sox qui remplacent les Cubs, et l’emblème arbore un losange noir d’où rayonnent des éclats de feux d’artifice rouges. Comparé à l’emblème sobre des Cubs de 1990, le contraste est saisissant : une énergie nettement supérieure, preuve que deux clubs partageant une même ville n’ont pas forcément besoin de partager le même langage visuel.
2004 (Houston)
Pour sa deuxième apparition, l’horizon de la ville et la silhouette d’une balle de baseball sont illustrés sur une bannière en ruban brun clair. Chaleureux et décontracté, il s’inscrit pleinement dans la tradition des cartes postales urbaines qui s’était développée au moins depuis le milieu des années 1950.
2005 (Detroit)
Pour son deuxième emblème, la structure d’un pont en arc est représentée en bleu marine et or. Fonctionnel plutôt que particulièrement mémorable — l’un des badges les plus oubliables de toute cette série, ne serait-ce que par manque d’originalité.
2006 (Pittsburgh)
Une illustration colorée et détaillée de la silhouette de la ville orne le quatrième badge, formant un fanion bleu. Sans doute le plus ambitieux visuellement des badges représentant la silhouette de la ville, et un net progrès en termes de complexité par rapport aux tentatives précédentes, plus simples.
2007 (San Francisco)
Un rectangle sépia orne le troisième emblème, illustrant un tramway d’époque et des toits. Un hommage assumé au passé, loin de toute tentative de modernité, ce qui le distingue de la plupart des emblèmes précédents et suivants.
2008 (New York)
Pour sa dernière saison, le Yankee Stadium original arbore un ovale horizontal bleu marine mettant en valeur la frise emblématique de sa façade. Logique : c’est le bâtiment lui-même – et non une mascotte, un élément de la silhouette urbaine ou un autre monument de la ville – qui est au centre de l’emblème.
2009 (Saint-Louis)
La Gateway Arch fait son retour en rouge, blanc et bleu sur un emblème qui témoigne de l’utilisation la plus audacieuse que la ville ait faite de son monument emblématique. À ce stade, l’arche était devenue un choix quasi systématique pour chaque fois que Saint-Louis accueillait un événement sportif.
2010 (Anaheim)
Une étoile rouge à cinq branches cerclée de bleu marine définit le troisième emblème, sobre et direct, sans fioritures. C’est un écusson assez classique pour l’époque, plus fonctionnel qu’original.
2011 (Arizona)
Un losange noir bordé de bleu clair orne ce premier écusson, une palette de couleurs évoquant une nuit du désert qui tranche immédiatement avec les couleurs plus vives et traditionnelles qui l’entourent. Aucun autre écusson de cette série ne lui ressemble.
2012 (Kansas City)
Un écusson bleu surmonté d’une petite couronne dorée orne le deuxième écusson, un clin d’œil à l’identité visuelle royale des Royals. Simple et héraldique, il reflète clairement la signification du nom de l’équipe.
2013 (New York)
Cette fois, ce sont les Mets et non les Yankees, et l’écusson arbore une arche orange et bleue rappelant les ponts de la ville. L’organisation du match par les Mets a donné lieu à une palette de couleurs sensiblement différente de celle des années précédentes, lorsque les Yankees étaient à l’honneur.
2014 (Minneapolis)
La silhouette de la ville est illustrée en beige et bleu sur une bannière ruban pour le deuxième emblème, une palette plus sobre et institutionnelle que la plupart des emblèmes plus ludiques qui l’entourent. Il s’apparente davantage à une identité visuelle qu’à une illustration, ce qui correspond à l’époque à laquelle il appartient.
2015 (Cincinnati)
Un ovale rouge foncé avec deux chauves-souris croisées derrière le lettrage marque le troisième emblème — un clin d’œil direct au motif des chauves-souris croisées apparu dans les années 1950 et 1960, des décennies avant la création de ce modèle précis.
2016 (San Diego)
Un losange bleu marine avec une étoile dorée définit le troisième emblème, s’inspirant des couleurs du Petco Park plutôt que de ressusciter l’image du père et du sombrero de 1978. Un changement générationnel dans la manière dont la même ville a choisi de se représenter.
2017 (Miami)
Un logo inaugural plein d’énergie : une étoile rouge, blanche et bleue aux rayons rayonnant dans toutes les directions. Son aspect dynamique et contrasté reflète parfaitement la réputation de la ville pour sa vie nocturne et ses couleurs.
2018 (Washington)
Pour sa cinquième apparition, ce logo représente le dôme du Capitole des États-Unis en rouge, blanc et bleu sur un fond circulaire bleu marine – un choix délibérément monumental, à l’instar des précédents logos de la ville sur le thème du Capitole dans les années 1960.
2019 (Cleveland)
Cette fois-ci, rupture totale avec le modèle habituel mascotte-blason : un logotype rouge en écriture cursive, dont les lettres présentent des détails de couture rappelant le baseball. Sans doute le logo le plus purement typographique de toute cette série – aucune illustration, le texte seul suffit.
2021 (Denver)
Une étoile violette à cinq branches, dont la silhouette représente les montagnes Rocheuses, orne cet emblème. Il reprend le modèle montagneux et violet utilisé par le Colorado en 1998, mais aplati et simplifié pour s’adapter à une esthétique plus graphique et épurée.
2022 (Los Angeles)
Une étoile noire et or à la finition métallique, presque digne d’une marque de luxe, orne le quatrième emblème. Plus brillant et plus soigné que tous les précédents emblèmes de la ville dans cette série, il reflète une tendance générale vers une image de marque plus haut de gamme dans le secteur sportif.
2023 (Seattle)
Un écusson bleu sarcelle et bleu marine, emblème des Mariners, définit le troisième emblème. Le logo du sponsor Mastercard est intégré à la base du dessin, et non ajouté après coup. Il s’agit de l’un des nombreux emblèmes récents à considérer le sponsoring comme partie intégrante de la composition.
2024 (Texas)
La forme même de l’État orne le deuxième emblème, rendu en bleu marine avec des cercles de sponsors orange et rouges en bas. Une approche assez directe et littérale : le type de design représentant le contour d’un État qui apparaît occasionnellement dans cette histoire, lorsqu’une ville souhaite une identification géographique aussi claire que possible.
2025 (Atlanta)
Une étoile rouge et bleue ornée d’un éclair stylisé et dynamique caractérise le troisième emblème. Le logo du sponsor figure à nouveau en base, perpétuant ainsi une tradition devenue quasi systématique ces dernières années.
2026 (Philadelphie)
La Liberty Bell fait son retour pour la quatrième fois, dans une version plus élaborée que jamais : une cloche stylisée et fissurée, rouge, blanche et bleue, sur fond d’une grande étoile, avec une typographie directement inspirée des inscriptions historiques gravées sur la cloche. Un choix judicieux pour l’année du 250e anniversaire des États-Unis : le même symbole qui figurait sur le tout premier logo officiel de l’événement en 1952, ressorti des cartons pour le plus grand anniversaire du pays.
2027 (Chicago)
L’enseigne rouge au-dessus de l’entrée du Wrigley Field constitue l’emblème à elle seule. Le logo lui-même a fourni les caractères, au lieu d’utiliser une police standard, et une étoile à six branches, servant également de trait d’union entre « All » et « Star », est un clin d’œil au drapeau de Chicago. Le bleu des Cubs et le bleu clair propre au club complètent le reste du logo, et au moment où ce match aura lieu, Wrigley aura accueilli le Classique de mi-saison à quatre reprises – un exploit qu’aucun autre stade en activité ne peut revendiquer.
Police et couleur
En observant tous ces logos côte à côte, une tendance se dessine : l’événement a toujours été tiraillé entre deux aspirations, l’une patriotique, l’autre locale. Durant les premières décennies, on privilégiait généralement une palette restreinte or ou bleu marine, quel que soit l’hôte – fonctionnelle, un peu anonyme, reflétant davantage la ligue que la ville.
Vers les années 1990, cet équilibre s’est inversé. Le violet du Colorado s’est imposé, Oakland a arboré son vert et or, Baltimore a misé sur le noir et l’orange, et le rouge, blanc et bleu de la ligue s’est fait plus discret, devenant un simple ornement.
La typographie a suivi sa propre évolution. Les premiers logos privilégiaient les caractères à empattement simples, arqués ou superposés, avec peu de variations d’une année sur l’autre – la fonction primant sur l’expression personnelle.
Cette tendance a commencé à changer dans les années 1990 et s’est véritablement affirmée dans les années 2000, la typographie personnalisée devenant la norme plutôt que l’exception : une écriture cursive manuscrite pour Cleveland en 2019, des caractères directement inspirés de la signalétique de monuments emblématiques, comme les inscriptions de la Liberty Bell à Philadelphie ou l’enseigne du Wrigley Field à Chicago pour 2027.
Ce passage d’une typographie interchangeable à des caractères sur mesure, résolument locaux, est sans doute le fil conducteur le plus évident de toute cette histoire. Les badges ne se contentaient plus d’indiquer le lieu du match, mais commençaient à avoir un aspect qui ne pouvait venir que de là.















































































