Mise à jour du logo de JOJ Krimi en mars 2026 ne donne pas l’impression d’une réinvention. On a plutôt le sentiment que la marque a enfin cessé de tâtonner et s’est engagée pleinement.
La chaîne a depuis un certain temps déjà une vision claire de son contenu : polars, enquêtes, documentaires. Ce point ne faisait aucun doute. Ce qui pesait sur la chaîne, c’était son identité visuelle, qui conservait quelques vestiges des phases précédentes, à l’époque où elle s’appelait encore TV WAU et où son positionnement était moins affirmé.
Ces vestiges ont pour la plupart disparu.
Le nouveau logo est plus précis. Visuellement, mais aussi structurellement. La typographie est plus affirmée, l’espacement est maîtrisé et la forme générale est plus stable, contrairement aux versions précédentes. Il semble plus affirmé, comme s’il avait trouvé sa place.
Cela change la perception bien plus qu’on ne l’imagine.
Les chaînes spécialisées dans les affaires criminelles misent beaucoup sur le ton. Non seulement dans leur programmation, mais aussi dans leur présentation visuelle. Si l’identité manque de clarté ou paraît trop floue, cela crée un décalage. Le contenu est peut-être excellent, mais l’identité visuelle ne le met pas suffisamment en valeur.
Cette refonte corrige ce décalage avec subtilité.
Ce qui frappe, c’est ce qu’elle évite. Pas de clichés dramatiques sur le polar, pas de style visuel agressif, aucune tentative de créer visuellement de la tension. Elle reste sobre. L’atmosphère émane du contenu lui-même, et non d’un logo qui tente de l’imiter.
Cette sobriété la rapproche d’ailleurs de la manière dont des marques comme la BBC gèrent leur identité : simple, stable et cohérente sur tous les supports, sans nécessiter de refontes constantes. On pourrait aussi le comparer, de manière plus générale, à celui de HBO, dont le logo évolue très peu car il est déjà efficace dans presque tous les contextes.
Même Discovery Channel a suivi une voie similaire au fil du temps, simplifiant progressivement son identité visuelle pour qu’elle s’intègre harmonieusement à différents types de contenus sans créer de surcharge visuelle.
JOJ Krimi semble adopter cette même logique.
Et c’est d’autant plus important aujourd’hui compte tenu de la présence actuelle des logos. Ils ne se limitent plus aux écrans de télévision. On les retrouve aussi sur les applications de streaming, les vignettes, les bandes-annonces, les interfaces mobiles et tous les petits espaces où la marque doit rester lisible, même en très petit format.
Ce logo gère cela mieux que les versions précédentes. Il conserve sa forme et sa netteté lorsqu’il est réduit. Il reste intact, ce qui paraît évident, mais n’est pas toujours possible en pratique.
Il y a suffisamment de continuité pour que l’ensemble reste familier. Le design ne rompt pas avec l’existant, il le perfectionne. C’est généralement dans cet équilibre que les refontes réussissent ou échouent.
Trop de changements, et la notoriété chute. Pas assez, et rien ne s’améliore.
Celui-ci se situe entre les deux, plus proche de la résolution que de la transition.
On a l’impression que la marque a enfin cessé d’expérimenter avec son identité et s’est arrêtée sur quelque chose qui lui correspond.
Ni plus bruyant.
Ni plus spectaculaire.
Juste plus clair et plus stable sur tous les supports.
