Si vous avez assisté à un match des Hot Rods au cours des dix dernières saisons, vous l’avez sans doute remarqué : le Bootlegger. Pas une mascotte qu’on acclame depuis les tribunes : celle-ci est sur les maillots, les casquettes, et même sur les panneaux autour du stade. Il est bagarreur, un peu sauvage, lié à l’histoire de Bowling Green, et pourtant… il s’intègre parfaitement. L’équipe n’a pas cherché à le réinventer pour le dixième anniversaire, elle l’a juste peaufiné. Un peu.
Quand on le voit sur le fût de la batte, on a l’impression qu’il a vécu. Comme s’il était là depuis un moment, peut-être absorbé par ses pensées, peut-être par rien du tout. Les flammes s’enroulent bizarrement, sans netteté, et le bois est rayé, rien de parfait. La batte est dans ses mains, mais sans forcer, comme s’il la tenait juste pour l’instant. On remarque des petits détails étranges si on regarde trop longtemps : un pli dans sa manche, un éclat sur le fût, le mouvement des ombres des flammes. Ça n’a pas l’air figé. Ça ne ressemble pas à une œuvre d’art. On dirait qu’il est vraiment là, à attendre, appuyé, peut-être sur le point de faire quelque chose, peut-être pas.
Et puis il y a le logo alternatif. Un alligator en flammes bondissant hors d’un tonneau. Étrange ? Assurément. Ingénieux ? Sans aucun doute. Les amateurs de bourbon reconnaîtront la « tache d’alligator » à l’intérieur des fûts brûlés, et les autres se contenteront de dire : « Waouh, d’accord, c’est audacieux.» C’est mémorable, c’est absurde, c’est exactement le genre d’identité alternative que devrait avoir une marque. On en parle. On s’en souvient. Mission accomplie.
Les deux « O » dans « Bootleggers » ne sont pas que des lettres : ce sont de minuscules tonneaux de bourbon. On pourrait même ne pas les remarquer au premier abord. Peut-être qu’on y regarde à deux fois. Peut-être qu’on jette un coup d’œil à une casquette ou à un panneau, et puis… attendez… les voilà de retour. Petits, discrets, un brin espiègles. Ils apparaissent partout, conférant discrètement au logo une personnalité unique sans chercher à attirer l’attention. C’est comme un clin d’œil du design lui-même, astucieux sans en faire trop.
Cette saison, les Hot Rods porteront les uniformes Bootleggers pour dix matchs du jeudi. Après dix ans, ce logo n’est pas synonyme de changement. Il est synonyme de reconnaissance. Dix saisons, dix ans, et le Bootlegger est devenu incontournable : espiègle, authentique, malicieux, un brin sauvage. Les fans l’ont vu évoluer au fil du temps. Toujours un peu brut par endroits. Toujours indéniablement Bowling Green. Et honnêtement… c’est bien là l’essentiel.
