Black Panther 3 a probablement été l’un des films Marvel les plus commentés, sans pour autant offrir aux fans grand-chose à se mettre sous la dent.
Pendant près de quatre ans, la suite a oscillé entre confirmation et spéculation. Ryan Coogler allait revenir. Le Wakanda allait renaître. Pour le reste, presque tout n’était que rumeur. Une semaine, c’était Shuri. Ensuite, ce fut un changement d’acteur. Puis vinrent les théories sur les sauts temporels, les versions multiverselles de T’Challa, Docteur Fatalis, Namor et quasiment tous les personnages majeurs de l’univers cinématographique Marvel.
Marvel a surtout observé la situation de loin.
La firme est rarement intervenue.
Ce qui a rendu la révélation au Comic-Con d’autant plus satisfaisante.
Pas de longue présentation expliquant l’avenir du Wakanda. Pas de première bande-annonce spectaculaire remplie d’effets visuels inachevés. Marvel a simplement affiché le logo officiel de Black Panther 3 à l’écran, confirmé la date de sortie au 15 décembre 2028 et, en quelques minutes, transformé des années de spéculation en réalité.
Puis vint l’annonce qui changea complètement l’ambiance.
David Jonsson jouera le fils de T’Challa.
Pas une nouvelle version de T’Challa.
Pas un remplaçant.
Son fils.
Ce simple détail a soudainement tout relié aux derniers instants paisibles de Black Panther : Wakanda Forever. À l’époque, cette scène ressemblait presque à un épilogue, un doux rappel que la vie au Wakanda continuerait après la fin de l’histoire. Avec le recul, elle paraît bien plus délibérée. Marvel ne concluait pas l’histoire.
Il semait la première graine du film suivant.
Le logo reflète discrètement cette même approche.
Il est familier, presque rassurant. Marvel n’a pas cherché à réinventer Black Panther ni à annoncer une nouvelle direction audacieuse par le seul biais du design. Le titre conserve cet aspect métallique sculpté, devenu partie intégrante de l’identité du Wakanda. Il est majestueux sans être trop orné, futuriste sans tomber dans la science-fiction gratuite. On le voit en un instant et on sait immédiatement de quel coin de l’univers Marvel on se trouve.
C’est plus difficile à réaliser qu’il n’y paraît.
Certains logos de franchises deviennent iconiques grâce à leur côté tape-à-l’œil.
D’autres le deviennent grâce à leur constance.
Black Panther appartient sans conteste à la seconde catégorie. Prenons l’exemple de Batman. Son emblème change d’un réalisateur à l’autre, mais il reste toujours fidèle à l’image de Batman. Il en va de même pour Jurassic Park. Nouveaux dinosaures, nouvelles îles, nouveaux personnages… mais le logo lui-même demeure presque sacré. Même le logo des Avengers a été peaufiné plutôt que réinventé, malgré le poids d’un univers cinématographique entier.
Black Panther a discrètement atteint ce niveau.
Son logo appartient désormais autant au Wakanda qu’à n’importe quel film.
Ce qui est intéressant, c’est que Marvel n’a pas cherché à répondre à toutes les questions évidentes.
Qui porte le costume pendant la majeure partie du film ?
Quel rôle joue Shuri ?
Quelle est la place de M’Baku après tous les événements ?
Namor revient-il ?
Le studio a laissé cette question de côté.
À la place, il a répondu à une question bien plus importante, celle que les fans se posent depuis la disparition de Chadwick Boseman :
Comment cette histoire peut-elle progresser sans faire comme si le passé n’avait jamais existé ?
La réponse de Marvel semble simple :
Il ne s’agit pas de remplacer l’héritage,
mais de le développer.
Une solution typiquement Ryan Coogler. Qu’il réalise Creed, Black Panther ou Sinners, ses films gravitent presque toujours autour des mêmes thèmes : la famille, l’identité, la responsabilité, et le poids des attentes qui nous ont été imposées bien avant notre naissance. Il s’intéresse bien plus à l’héritage qu’aux conquêtes.
Black Panther 3 semble déjà construit autour de cette idée.
Le jeune T’Challa n’arrive pas dans un vide.
Il reprend le flambeau de l’un des plus grands noms jamais créés par Marvel.
Un point de départ bien plus captivant qu’une simple histoire d’origine de super-héros.
Marvel mérite également d’être salué pour sa retenue.
Pas de méchant.
Pas d’images teaser.
Pas de synopsis détaillé.
À une époque où les studios dévoilent souvent la moitié du film des années avant sa sortie, il était rafraîchissant de voir une franchise majeure présentée avec pour seuls éléments un logo, une date de sortie et un acteur soigneusement choisi.
C’était suffisant.
En réalité, c’était même plus que suffisant.
Pour la première fois depuis Wakanda Forever, Black Panther 3 s’affirme comme un film à part entière, et non comme un projet entouré de spéculations. Le logo ne cherche pas à voler la vedette ni à promettre une refonte complète de la franchise.
Il fait preuve de beaucoup plus d’intelligence.
Il indique discrètement au public que Marvel sait enfin où Wakanda se dirige – et que, cette fois, le studio est prêt à partager l’aventure avec tous.
