PGE utilisait la même identité visuelle de base depuis 2007. C’était une époque bien différente pour le plus grand fournisseur d’électricité de Pologne : le charbon occupait alors une place centrale dans l’activité de l’entreprise, et un symbole aux lignes vives évoquant l’électricité s’imposait tout naturellement. Près de vingt ans plus tard, PGE investit des milliards dans des parcs éoliens et d’autres projets énergétiques à plus faibles émissions. Son logo s’est enfin mis au diapason.
La nouvelle identité, dévoilée en septembre 2026, ne renie pas pour autant l’ancien logo de PGE. Le nom, composé de trois lettres, reste l’élément central, et le bleu demeure la couleur dominante. Ce qui a changé, c’est l’épaisseur, la forme et l’atmosphère qui s’en dégagent.
Les lettres « PGE » sont nettement plus grasses. Elles affichent une présence plus marquée et semblent moins fragiles, ce qui sied à une entreprise qui reste un pilier de l’infrastructure énergétique polonaise, tout en transformant ses modes de production d’énergie. La typographie ne cherche pas à paraître futuriste ; elle est solide, sobre et lisible.
La teinte de bleu a également évolué. Le bleu profond de l’ancienne identité a laissé place à une nuance plus claire et plus lumineuse. Le logo paraît ainsi immédiatement moins lourd, surtout lorsqu’il est associé au nouveau symbole qui le surmonte.
C’est précisément ce symbole qui a fait l’objet de la majeure partie de la refonte.
L’ancien emblème arborait un arc aux lignes vives, mêlant orange et rouge, qui évoquait l’électricité en mouvement — à mi-chemin entre l’éclair et l’impulsion électrique. La nouvelle version conserve ces couleurs chaudes mais abandonne les angles vifs. À la place, on trouve des courbes asymétriques et plus légères qui s’élèvent au-dessus du nom PGE.
Ces formes peuvent être interprétées de plusieurs manières. On y devine l’allure d’une voile gonflée par le vent, tandis que les formes courbes évoquent également la silhouette d’une pale d’éolienne. Ces deux associations servent les intérêts de PGE, qui investit massivement dans des projets éoliens en mer Baltique ainsi que dans la production d’énergie terrestre.
Pour autant, l’orange et le rouge n’ont pas disparu. C’est un détail qui a son importance. PGE aurait très bien pu opter pour la recette classique associant le vert et le bleu, et afficher ses ambitions écologiques à travers des feuilles, des cercles ou d’autres symboles rebattus. Au lieu de cela, l’entreprise a conservé les couleurs de son ancienne identité tout en modifiant leur mise en œuvre.
La différence saute aux yeux lorsque l’on compare les deux logos. La version de 2007 dégage une impression d’électricité et de vivacité. Celle de 2026 suggère le mouvement, sans toutefois évoquer cette étincelle qui semble traverser la page.
Ce changement reflète mieux la réalité complexe à laquelle PGE est confrontée qu’un logo entièrement vert ne l’aurait fait. L’entreprise ne part pas de zéro dans le secteur des énergies renouvelables ; elle reste étroitement liée aux énergies conventionnelles tout en investissant massivement pour orienter son portefeuille vers des sources moins polluantes. La nouvelle identité prend en compte cette double facette : les couleurs chaudes sont conservées, tandis que les formes qui les entourent évoluent dans une autre direction.
Les grands groupes énergétiques procèdent souvent à des ajustements visuels similaires à mesure que leurs activités se transforment. Shell a su préserver la reconnaissance de son célèbre coquillage rouge et jaune à travers des décennies de simplification, alors même que l’entreprise communique de plus en plus sur de nouvelles formes d’énergie. BP a opéré un virage bien plus radical en remplaçant son ancien blason par le symbole « Helios » (vert et jaune), plaçant ainsi les enjeux environnementaux au cœur de son identité. PGE a choisi une voie plus sobre : ses initiales et sa palette de couleurs de base demeurent, le symbole assurant l’essentiel de la modernisation.
Il existe également une raison plus pragmatique, et moins symbolique, à cette épuration du design.
