Le logo des Jeux olympiques d’hiver de 2030 ne cherche pas à en faire trop, et c’est précisément pour ça qu’il fonctionne

Le logo des Jeux olympiques d'hiver de 2030 ne cherche pas à en faire trop, et c'est précisément pour ça qu'il fonctionne

Les logos olympiques ont une vie étrange.

Ils sont dévoilés des années avant l’événement, immédiatement disséqués par des millions de personnes, comparés à tous les logos olympiques précédents, puis jugés une nouvelle fois une fois les Jeux arrivés.

Ainsi, lorsque les organisateurs des Jeux olympiques d’hiver de 2030 ont dévoilé leur nouveau logo pour les Alpes françaises, ce qui a frappé en premier lieu, ce n’était pas ce qu’il contenait, mais ce qu’il évitait.

Pas de flocons de neige géants. Pas de chaîne de montagnes trop détaillée. Pas de symbole complexe nécessitant trois paragraphes d’explications avant d’être compris.

Juste une montagne.

Enfin, une montagne de lumière.

La nouvelle identité visuelle repose sur une idée étonnamment simple : des rayons se propagent et révèlent progressivement un sommet. La version paralympique adopte l’approche inverse, utilisant ces mêmes rayons pour dessiner le contour de la montagne. Deux interprétations différentes, un même concept.

C’est le genre de design qui paraît presque trop simple au premier abord.

Puis on comprend que c’est sans doute le but recherché.

Au fil des ans, l’identité visuelle de nombreux événements s’est complu à l’excès. Chaque ligne a une signification. Chaque couleur raconte une histoire. Chaque forme représente cinq choses à la fois. Parfois, ça fonctionne. Parfois, on a l’impression que le logo est plus chargé de symboles que l’événement lui-même.

L’identité d’Alpes 2030 prend une autre direction.

Un simple coup d’œil suffit pour comprendre le lien avec le lieu. Les montagnes sont la raison d’être de ces Jeux. Les Alpes ne sont pas qu’un décor. Elles sont le terrain de jeu. Ski, snowboard, biathlon, ski alpin : tout prend racine dans le paysage.

Le logo nous le rappelle constamment.

Le choix des couleurs y contribue également grandement.

Au premier abord, le dégradé surprend. Des bleus profonds se fondent dans des nuances de rose et de rouge, une palette que l’on n’associe pas forcément spontanément aux sports d’hiver. La plupart des identités visuelles hivernales privilégient les bleus glacés et le blanc.

Ici, c’est différent.

Et c’est sans doute ce qui lui confère cette fraîcheur.

Les tons chauds s’inspirent de l’alpenglow, ce phénomène qui teinte les sommets des montagnes de rose et de rouge sous les rayons du soleil levant ou couchant. Quiconque a déjà contemplé des photos des Alpes reconnaîtra instantanément cet effet.

C’est un petit détail, mais il donne du caractère au logo.

Sans ces couleurs, le design aurait pu paraître un peu trop conventionnel.

Ce qui est particulièrement intéressant, c’est le lien étroit qui unit les identités olympiques et paralympiques. Plutôt que de créer deux systèmes visuels totalement distincts, les organisateurs les ont construits autour d’une même montagne. Il ne s’agit pas d’un simple choix esthétique. C’est une affirmation sur la manière dont les deux événements sont présentés.

Une même scène. Un même symbole.

Une seule montagne.

L’approche est résolument moderne sans pour autant céder aux tendances. Ce qui n’est pas toujours chose aisée.

Certains logos vieillissent mal car ils sont conçus selon le style visuel en vogue du moment. Quelques années plus tard, ils paraissent déjà dépassés. D’autres, en revanche, perdurent car ils se concentrent sur une idée centrale forte plutôt que sur les tendances qui dominent les blogs de design.

Le nouveau logo d’Alpes 2030 semble appartenir à cette seconde catégorie.

Bien sûr, les logos olympiques font rarement l’unanimité. C’est quasiment impossible. Certains continuent de débattre de logos datant de plusieurs décennies. Le logo des Jeux olympiques de Londres en 2012 a suscité d’innombrables discussions lors de sa première apparition. L’emblème de Paris 2024 a également provoqué de vives réactions, même si de nombreux designers ont salué son utilisation élégante du symbolisme.

C’est ainsi que cela se passe.

On passe des années à observer un logo. Les opinions évoluent.

Toute nouvelle identité olympique doit également composer avec l’ombre des anneaux olympiques, sans doute le symbole le plus reconnaissable du monde du sport. C’est une comparaison délicate pour n’importe quel comité d’organisation. Il en va de même pour certains logos de la Coupe du Monde de la FIFA, devenus indissociables des tournois qu’ils représentaient.

Pour l’instant, l’emblème d’Alpes 2030 n’est qu’une promesse. Les Jeux sont encore loin. Il faut préparer les sites, qualifier les athlètes et relever d’innombrables défis organisationnels.

Mais tout grand événement sportif a besoin d’un visage.

Celui-ci a trouvé la formule gagnante.

Au lieu de crier sur tous les toits, le nouveau logo mise sur la simplicité : une montagne, une explosion de lumière et un design qui prouve qu’un symbole n’a pas besoin d’être complexe pour marquer les esprits.

Reste à voir s’il rejoindra un jour le panthéon des identités olympiques les plus mémorables. Son principal atout ? La clarté. On peut le débattre, le critiquer ou l’encenser, mais personne n’aura de mal à en comprendre la signification.

Pour des Jeux olympiques d’hiver dans les Alpes, c’est un excellent point de départ.