Le logo des Penguins de Pittsburgh condense 60 saisons en un petit emblème

Le logo des Penguins de Pittsburgh condense 60 saisons en un petit emblème

Les Pittsburgh Penguins célèbrent leur 60e anniversaire, et leur logo commémoratif ne se résume pas à un grand chiffre et à un oiseau bien connu. L’équipe a conçu ce nouvel emblème presque entièrement à partir d’éléments de sa propre histoire visuelle, puisant des détails dans différentes époques du club tout en y intégrant des symboles propres à Pittsburgh.

Il sera difficile de le manquer durant la saison 2026-2027. Le logo figurera sur les casques des joueurs tout au long de l’année et apparaîtra également brièvement sous forme d’écusson sur les maillots lors du match d’ouverture à domicile, le 3 octobre, contre les Canadiens de Montréal.

Le point de départ est un grand « 60 ». À l’intérieur de la boucle du chiffre 6, on retrouve le célèbre manchot patineur actuel, avec sa crosse de hockey et son triangle doré. L’intégration est réussie, mais l’idée n’est pas totalement inédite : cette disposition rappelle délibérément l’identité visuelle du 25e anniversaire des Penguins (saison 1991-1992), qui intégrait également le logo de l’équipe dans le chiffre commémoratif.

Cette référence confère immédiatement au nouveau design une touche légèrement rétro.

Sous le chiffre figurent trois bandes diagonales aux couleurs noir, blanc et or. Elles revêtent une double signification. La première est géographique : Pittsburgh est célèbre pour la confluence des rivières Allegheny, Monongahela et Ohio. Trois rivières, trois bandes.

Les supporters des Penguins remarqueront peut-être une autre référence avant même de songer à la géographie locale. Ces bandes rappellent également l’aile du « Robo-Penguin » — ce logo stylisé et aérodynamique représentant l’oiseau, qui a remplacé le manchot patineur comme emblème principal du club en 1992. Cette version a été utilisée durant le reste de la décennie avant de finalement céder la place au retour de l’ancien personnage.

C’est une astuce de recyclage habile, car le « Robo-Penguin » lui-même n’apparaît pas directement. Quiconque se souvient de l’identité visuelle des années 1990 saisit la référence grâce à ces trois simples traits.

La partie supérieure de l’emblème anniversaire dépasse le cadre de l’histoire des Penguins pour s’inscrire dans l’identité visuelle plus large de Pittsburgh. Cinq étoiles dorées dessinent une courbe au-dessus du nombre 60, chacune représentant une victoire du club en Coupe Stanley. Il ne s’agit pas d’étoiles ordinaires à cinq branches : chacune adopte la forme à quatre branches associée à l’American Iron and Steel Institute et, plus célèbre encore, à l’autre grande équipe sportive de la ville.

Cela leur permet de s’intégrer parfaitement à l’univers visuel de Pittsburgh.

Ces formes inspirées de l’industrie sidérurgique sont au cœur du logo des Pittsburgh Steelers, où les trois hypocycloïdes colorés sont devenus l’un des symboles les plus reconnaissables du football américain. Bien entendu, les Penguins ne reprennent pas l’emblème des Steelers. Les deux équipes puisent dans une imagerie profondément liée au passé sidérurgique de Pittsburgh ; ainsi, ces petites étoiles ne semblent pas être de simples éléments décoratifs, mais plutôt une touche d’identité locale.

Le choix d’en inclure exactement cinq répond également à une logique pratique. Pittsburgh a remporté la Coupe Stanley en 1991, 1992, 2009, 2016 et 2017 ; le palmarès du club s’intègre donc naturellement au design anniversaire, sans qu’il soit nécessaire d’entasser cinq dates sur un emblème déjà très chargé.

Et chargé, il l’est assurément.

Les logos commémoratifs suivent souvent l’une de ces deux voies : soit ils se résument à un simple chiffre placé à côté de l’emblème habituel de l’équipe, soit ils se transforment en véritables albums souvenirs, tentant de condenser des décennies d’histoire en quelques centimètres carrés. Pittsburgh a opté pour la seconde approche, mais la palette restreinte de noir, de blanc et d’or évite que les différentes références ne se livrent une concurrence visuelle excessive.

Cette palette possède elle aussi sa propre histoire. À leurs débuts dans la LNH en 1967, les Penguins arboraient le bleu plutôt que le noir et l’or. Le changement est intervenu plus tard, alignant finalement les couleurs du club de hockey sur celles des autres grandes équipes professionnelles de Pittsburgh.

Peu de villes sportives américaines affichent une telle cohérence visuelle. Les Pittsburgh Pirates utilisent également le noir et l’or ; ainsi, l’emblème du jubilé des Penguins peut évoquer les différentes époques de l’identité du club tout en préservant ce lien indéfectible avec la ville.

Le manchot patineur, placé au centre, demeure l’élément fédérateur de l’ensemble.

Bien que ce personnage ait par le passé disparu de l’identité visuelle principale avant d’y revenir, de changer de couleurs et d’être redessiné, il s’intègre parfaitement au cœur du chiffre 60. Le choix d’utiliser la version actuelle plutôt que de ressusciter un dessin historique à l’identique évite de réduire l’emblème à une simple évocation nostalgique.

C’est là tout l’intérêt du projet. Les Penguins présentent ce logo comme un hommage au passé, et chaque élément trouve sa justification dans une référence précise : un ancien emblème commémoratif, les trois rivières, le « Robo-Penguin », les cinq titres de champion ou encore l’imagerie industrielle de Pittsburgh.

Même la décision d’apposer ce logo sur les casques tout au long de la saison semble judicieuse. L’espace disponible sur les casques de la LNH étant limité, la forme compacte du chiffre 60 permet de marquer durablement l’anniversaire sans modifier le design habituel du maillot de l’équipe.

Il existe toutefois une exception. Pour le match d’ouverture à domicile, le logo sera déplacé sur l’épaule sous forme d’écusson spécial. Les maillots portés lors de cette rencontre seront mis en vente ultérieurement via « Penguins Authentics », tandis que des répliques de l’écusson seront également proposées, les bénéfices étant reversés à la Penguins Foundation.

Les célébrations de cet anniversaire dépassent largement le cadre des uniformes. Tout au long de la saison, les matchs seront accompagnés de produits dérivés et de cadeaux commémoratifs, allant des pin’s et affiches aux maillots rappelant différentes époques de l’histoire des Penguins. Des soirées thématiques sont prévues pour les années 1980, 1990 et 2000, sans oublier l’objet étonnamment spécifique — et délicieusement insolite — prévu pour certains matchs de novembre : une saucière en forme de surfaceuse (Zamboni) aux couleurs du 60e anniversaire. Preuve qu’un anniversaire de hockey peut aussi faire place aux ustensiles de cuisine.

Tout cela remonte à la grande expansion de la LNH en 1967. Pittsburgh a rejoint la ligue aux côtés des California Seals, des Los Angeles Kings, des Minnesota North Stars, des Philadelphia Flyers et des St. Louis Blues, doublant ainsi la taille d’un circuit qui ne comptait jusque-là que les « Original Six » (les six équipes fondatrices).

Soixante ans plus tard, les Penguins affichent cinq Coupes Stanley, plusieurs époques marquées par des logos distincts et suffisamment d’éléments visuels pour composer un emblème anniversaire sans avoir à inventer grand-chose.

C’est peut-être ce qu’il y a de mieux dans ce nouveau logo « 60 ». Ses détails ne sont pas de simples décorations d’anniversaire génériques : si l’on retire l’histoire propre aux Penguins, c’est la majeure partie du design qui disparaît avec elle.

L’oiseau patineur occupe l’intérieur du chiffre 6, le « Robo-Penguin » survit sous la forme de trois bandes, les rivières de Pittsburgh figurent à la base et cinq petites étoiles évoquant l’acier marquent le compte au sommet. Condenser soixante ans d’histoire dans un logo de la taille d’un casque est une entreprise plutôt ambitieuse. Pourtant, les Penguins ont réussi à y trouver de la place.