La nouvelle équipe de football professionnelle d’Oklahoma City a enfin une identité.
Le club a dévoilé son nom et son blason mercredi, confirmant son entrée en deuxième division de l’United Soccer League sous le nom d’OKC United en 2028. D’ici là, un nouveau stade de 10 000 places devrait l’accueillir dans le quartier de Bricktown.
Le nom en lui-même n’est pas une surprise. Le groupe propriétaire a déposé la marque OKC United l’été dernier, ce qui en faisait l’un des choix les plus évidents dès le départ. Les autres finalistes étaient OKC Bison FC, OKC Lightning FC, OKC Thunderbird FC et OKC Wind FC.
Mais c’est le logo qui distingue véritablement le nouveau club.
L’élément central est un monogramme OKC entrelacé, inscrit dans un soleil à 39 rayons. Ces rayons représentent les 39 tribus amérindiennes originaires de l’Oklahoma. Le blason lui-même prend la forme d’une pointe de flèche, tandis que la palette de couleurs – bleu nuit, rose coucher de soleil et ivoire nuageux – s’inspire directement du ciel de l’Oklahoma.
C’est une identité visuelle très réfléchie.
Et surtout, on ne dirait pas que l’équipe s’est contentée de prendre un ballon de foot, d’y ajouter quelques symboles locaux et de s’en contenter.
Le club souhaitait que son identité soit liée à l’Oklahoma sans pour autant transformer le logo en leçon d’histoire. Le soleil, la pointe de flèche et le choix des couleurs ont tous une signification, mais le logo dans son ensemble reste relativement épuré.
C’était particulièrement important pour Russell Westbrook, membre du groupe de propriétaires du club et impliqué dans le processus de conception.
Selon Christian Kanady, actionnaire majoritaire, l’idée initiale était de créer un logo « OKC » plus explicite. Westbrook s’y est opposé. Son argument ? Oklahoma City possède déjà une identité visuelle forte grâce au Thunder. Le nouveau club de football n’avait pas besoin d’expliquer la signification des lettres.
Il fallait qu’elles deviennent un symbole.
C’est une stratégie courante dans le marketing sportif. Le « NY » entrelacé des Yankees, le « G » des Packers et le logo immédiatement reconnaissable des Bulls de Chicago fonctionnent tous car le public n’a pas besoin du nom de l’équipe écrit en dessous.
OKC United n’en est évidemment pas encore là. L’équipe n’a disputé aucun match.
Mais l’ambition est claire.
Le choix d’utiliser « OKC » plutôt qu’« Oklahoma City » relève de la même logique. La version courte est déjà couramment utilisée pour désigner la ville, notamment dans le milieu sportif. C’est ce qui figure sur les produits dérivés. C’est ce que disent déjà les supporters.
Il y avait peu de raisons de donner au club un nom plus formel que celui de la ville elle-même.
Le mot « United » évoque une tout autre signification. Il inscrit immédiatement le club dans la longue tradition des noms de clubs de football, de Manchester United à Newcastle United en passant par Leeds United. Mais la version d’Oklahoma City se veut plus qu’un simple emprunt à un terme footballistique familier.
Pour le groupe de propriétaires et les élus municipaux, « United » reflète l’idée d’une communauté unie.
Ce thème est particulièrement pertinent pour un projet qui a impliqué la ville, des investissements privés et de nombreuses personnalités du sport. Outre Westbrook, le groupe de propriétaires comprend la star du Thunder, Jalen Williams, l’ancien quarterback d’Oklahoma, Baker Mayfield, l’ancien attaquant de l’équipe nationale américaine, Jozy Altidore, et la championne olympique Sydney McLaughlin-Levrone.
Le nouveau stade fait également partie d’un projet plus vaste. Financé par la ville via le programme MAPS 4, il est en construction dans le quartier de Lower Bricktown, le terrain étant offert par Kanady. Le résultat se veut bien plus qu’un simple lieu pour des matchs de football.
Pour l’instant, cependant, l’écusson parlera de lui-même.
Une nouvelle équipe n’a pas d’histoire. Elle n’a ni matchs mémorables, ni joueurs légendaires, ni rivalités transmises de génération en génération. Il faut bien commencer quelque part.
Un logo est l’un des premiers points de départ de ce processus.
L’écusson d’OKC United cherche à affirmer l’appartenance du club à Oklahoma City avant même que l’équipe ne foule la pelouse. Les 39 rayons, la forme de pointe de flèche, les couleurs du ciel et le monogramme OKC compact sont autant d’éléments conçus pour rendre ce lien évident sans surcharger le design.
Trouver le juste équilibre est délicat.
Le club aura tout le temps de tester l’efficacité de cette identité visuelle. Sa première saison n’aura lieu que dans deux ans. D’ici là, l’écusson figurera sur les maillots, les écharpes, les matériaux de construction du stade et sur tous les supports sur lesquels une nouvelle franchise sportive peut apposer son logo.
L’important, c’est qu’OKC United possède désormais une identité visuelle.
L’équipe a un nom. Elle a un écusson. Son stade est en construction.
L’étape suivante consiste à donner du sens au logo pour les personnes qui n’ont jamais vu l’équipe jouer.
