Band a changé la couleur de son logo à de nombreuses reprises sans jamais en modifier le logo lui-même.
C’est l’avantage de posséder un symbole déjà connu de tous.
L’œil emblématique de la chaîne reste exactement là où les téléspectateurs l’attendent : la même géométrie arrondie, la même silhouette reconnaissable entre toutes et la même idée fondamentale qui a porté Rede Bandeirantes pendant des décennies à la télévision. La dernière mise à jour ne redessine pas le logo et ne lui impose aucune nouvelle forme.
Cela lui redonne tout simplement ses couleurs.
Le vert et le jaune ont été introduits dans le cadre de la présentation de Band pour la Coupe du Monde de la FIFA 2026, initialement comme une touche patriotique temporaire pour l’un des événements télévisés les plus importants de l’année. L’accueil fut si enthousiaste que la chaîne décida de conserver cette palette de couleurs, abandonnant ainsi l’identité argentée et blanche qu’elle utilisait depuis 2018.
Cela ressemble à une simple mise à jour des couleurs.
Pour Band, c’est plutôt un retour aux sources.
La palette plus lumineuse reconnecte immédiatement la chaîne avec des périodes antérieures de son histoire visuelle, en particulier le look vert et jaune associé au début des années 2000. Le logo paraît plus dynamique à l’écran, plus typiquement brésilien et bien moins impersonnel que le style métallique sobre qu’il remplace.
L’ancien logo argenté était sobre.
Il était aussi facile de le rater.
Ce type de neutralité peut convenir à une chaîne cherchant à soigner son image, que ce soit pour l’actualité, le divertissement ou le sport. Le problème, c’est que le paysage télévisuel est saturé de marques utilisant toutes des systèmes de couleurs similaires, dans les tons de gris, blanc et bleu. Sur un guide des programmes numérique, un menu de streaming ou un flux de réseaux sociaux, la sobriété peut vite passer inaperçue.
Le vert et le jaune, eux, n’ont pas cet inconvénient.
Le nouveau traitement donne plus de profondeur au regard, avec des surfaces brillantes et un contraste plus riche remplaçant la finition mate et institutionnelle. Il semble conçu pour les graphismes studio lumineux, les retransmissions sportives et les petits écrans numériques, où quelques couleurs vives peuvent être plus efficaces qu’une refonte complexe.
Globo a depuis longtemps compris l’importance d’un symbole central facilement reconnaissable, tandis que Record a régulièrement mis à jour ses couleurs et ses surfaces sans abandonner la géométrie de base que les spectateurs connaissent déjà. Band suit la même logique. Lorsque le logo principal fonctionne, il est souvent plus judicieux d’ajuster l’atmosphère qui l’entoure plutôt que de repartir de zéro.
C’est précisément ce qui se passe ici.
Le regard reste.
L’ambiance change.
La raison de cette décision est également inhabituellement directe. La version Coupe du Monde a été populaire, et Band a écouté. Les diffuseurs passent souvent des mois à expliquer leur stratégie visuelle à l’aide d’études et de théories de marque. Dans ce cas précis, la réaction du public semble avoir tranché la question plus rapidement que n’importe quelle présentation.
Le public a apprécié le logo en couleur.
La couleur a donc été conservée.
La partie la plus complexe concerne la couverture politique.
Le vert et le jaune sont les couleurs nationales, mais au Brésil, elles sont aussi chargées de connotations politiques qu’il est devenu difficile d’ignorer. Un logo qui semble festif lors de la retransmission d’un match de football peut paraître moins neutre pendant un débat électoral, surtout lorsque les téléspectateurs scrutent déjà le moindre détail visuel à la recherche de signes de partialité.
La solution de Band est pragmatique plutôt que spectaculaire.
Pendant les émissions consacrées aux élections, la chaîne adoptera une version blanche et grise du logo. La forme reste la même, mais les couleurs nationales disparaissent, offrant ainsi au service journalistique une image plus épurée et neutre.
Ce système à deux niveaux est inhabituel, mais il est pertinent.
La chaîne permet ainsi à un seul logo de remplir deux fonctions différentes. Dans le domaine du divertissement et du sport, il peut être dynamique, expressif et fièrement associé au Brésil. Lors de la couverture politique, il se fait plus discret.
Cette flexibilité pourrait s’avérer plus utile que d’imposer une identité visuelle unique à chaque situation.
Ce logo vert et jaune permanent s’inscrit également dans le cadre d’une refonte technique et visuelle beaucoup plus vaste au sein du Grupo Bandeirantes. La station de radio a raccourci son nom public, passant de Rádio Bandeirantes à simplement Bandeirantes, et arbore désormais un logo repensé, mieux adapté aux applications et aux plateformes de streaming. De nouveaux studios multimédias à São Paulo rapprochent la radio et la vidéo, tandis que BandNews TV bénéficie d’une nouvelle identité visuelle : graphismes, décors, bandeaux d’information et bande son.
Le logo en forme d’œil trône désormais au sommet de ce système plus vaste.
Il offre aux différentes composantes du groupe un repère central plus fort, à l’heure où la diffusion ne se limite plus à une seule chaîne de télévision. Band doit désormais être présent sur la télévision traditionnelle, la radio, les interfaces mobiles, les plateformes de streaming et les réseaux sociaux vidéo, souvent simultanément.
Un symbole fort est essentiel.
De même qu’une palette de couleurs qui résiste à la compression.
C’est peut-être là la force discrète de cette refonte. Le traitement vert et jaune évoque la nostalgie, mais il n’est pas utilisé dans un but nostalgique. Ces couleurs font référence aux anciennes identités visuelles de Band, tandis que le design est clairement conçu pour les écrans modernes. Il s’agit moins d’une reconstitution du passé que d’une version améliorée d’un élément déjà présent dans le réseau.
Le nouveau logo ne demande aucune explication aux spectateurs.
Il est familier sans qu’on ait besoin de l’expliquer.
Band a repris son élément visuel le plus emblématique, a supprimé le voile grisâtre qui l’enveloppait et a réintroduit les couleurs auxquelles le public était le plus sensible.
L’œil reste inchangé.
Le réseau paraît tout simplement plus dynamique.
